Ça caille

Publié le par moimeume

V’la qu’i montre les culottes de sa voisine maintenant. Non, bande de pervers, à travers cette photo, je veux vous montrer que le soleil s’en est allé, et a laissé place à un ciel gris et un vent qui vous glace le dos. Trujillo, ville de l’éternel printemps a changé de nom depuis quelques jours.
En demandant lors d’une classe de conversation les raisons de cette soudaine baisse de température, mes élèves ont tous été unanimes pour accuser l’enfant. Pas l’enfant, l’enfant mais le phénomène du Niño.
Ce phénomène selon leur explication a changé de cycle. Au lieu d’apparaître au début de l’été, vers janvier, ce courant marin est survenu cette année en mars-avril, ce qui serait donc la cause de ce froid pas sybérien mais un peu quand même.
Ensuite, la conversation a bifurqué sur les inondations de 1997. Mes élèves m’ont alors raconté des scènes venues d’ailleurs. La plus âgée se souvenait que l’eau lui arrivait jusqu’à la taille c'est-à-dire jusqu’au cou de Sarkozy (c’était facile) et qu’elle avait dû changer de maison. Elle se souvenait des morts qui flottaient sur la Plaza de Armas après que la morgue a été complètement inondée et laissé les corps s’échapper dans la nature. Le plus jeune de mes élèves lui nous disait, toujours dans un très bon français qu’à cette époque il avait huit ans et trouvait plutôt amusant de jouer avec les déchets qui ondoyaient sur ces eaux importunes.
Ces inondations avaient provoqué à l’époque des dégâts de l’ordre de 1 milliard de dollars, la recrue d’essence de maladies comme la malaria ou le choléra,  et la réduction d’espèces maritimes qui ont eu et ont touours des conséquences directes sur l’économie, l’infrastructure et sur l’emploi de la pêche (sans oublier l’agriculture évidemment).
Le phénomène du Niño revient toutes les décennies, donc cette année on n’y échappe pas. Trujillo a déjà vu beaucoup de pluie en mars, rien en comparaison de ma Bretagne natale où l’on recense d’ailleurs moins d’eau de pluie qu’à Bordeaux soit dit en passant, et on s’attend donc à un rigoureux hiver. Les températures descendront difficilement en dessous des 13°C mais bon je ne suis pas venu à Trujillo pour mettre des pulls.
Non je ne me plains pas, j’explique juste que, décidément, ils nous emmerderont toujours ces niños, c'est bien pour ça que j'en veux pas ( pour le moment). 
 Ci-joint des photos des inondations de 1997 et un graphique de l'épidémie de choléra. 
p254.jpg

epidemie-cholera-1997.jpg

Publié dans société péruvienne

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Olima 07/06/2007 04:23

Ah bon,ouf ! Je ne voulais pas te cramer en public, rassure-toi. Oui, en effet, je vis à Lima depuis 2003. et toi? tu as mon mail, on peut chatter si tu veux. à plus.

moimeume 05/06/2007 21:33

j'ai juste oublié de le mettre en italique. c'était mon pitit hommage à Raymond Devos. merci qd même et bienvenu. tu vis au Pérou également??

Olima 05/06/2007 21:27

Salut cher compatriote du Pérou !
Je viens de découvrir ton blog, très intéressant. Mais comme je suis un peu taquin... j'ai un petit truc à te dire:
il y a une faute qui m'a tellement fait marré que j'ai pensé que tu avais fait exprès: La recrue d'essence ! Ah bon ? La recrudescence de ce genre de fautes ne donnent pas une bonne image des profesores nativos...
dis-moi, corrige vite avant qu'on ne te radie d'over-blog.
à plus