Le hasard fait mal les choses parfois.

Publié le par moimeume

anti_bug_fckJ’étais en train d’écrire un nouvel article quand j’ai rendu une petite visite virtuelle au   blog de mon pote Belge et que lis-je ? Mon pauvre ami sent qu’il fait du surmenage à peu près le même jour que moi.
Mon mal-être à moi commence le mercredi soir. Cela faisait trois jours de suite que je faisais des journées de malade. En moyenne je me lève à 6h30 (6 ou 7h00, ca dépend des jours) pour me coucher à minuit.
Mercredi dernier donc, en terminant la préparation de mes classes, je pète un câble et demande à ma petite amie de se lever un peu plus tôt que d’habitude le lendemain matin pour prévenir ma direction que je ne pourrai donner mes cours d’Histoire de l’art à cause d’un méchant virus. Ce virus s’appelle la gossederiche aigue. Il vous attaque comme cela de bon matin et ne vous lâche que lorsque vous prenez une bière au calme avec un ami le vendredi soir.  
Ce jour là le virus m’a attaqué en plein visage vers 12h30. Imaginez 31 gamins en furie, criant, courant et coupant même les cheveux de leurs camarades en classe.
Et moi prostré, ne pouvant réagir, laissant ces p’tits sauvageons se déchaîner. J’ai tout de même réussi à leur dire mes pensées 10 minutes avant la fin des cours mais j’avoue ne m’être jamais senti aussi mal dans mon travail.
Pas le temps de réfléchir à tout ça et j’embraye sur l’Alliance Française où je travaille de 15 heures (je finis à 14 heures au collège) à 21h45. De retour à l’appart, un pitit peu fatigué quand même, je prépare mes classes pour le lendemain matin et c’est là où je ressens les effets de la gossederiche aigue. Plus d’énergie, plus d’envie, une fatigue immense m’interdit tout mouvement, toute pensée. Bref, je me sens vide, physiquement et psychiquement.
Le jeudi matin, je m’accorde donc une journée de grasse matinée qui me laisse un petit peu de temps pour réfléchir à la vie professionnelle qui rythme ma vie.
J’enseigne 43 heures par semaine du lundi au vendredi matin. 12 heures à l’AF, 18 au collège, 8 à l’Université Nationale et enfin 5 heures dans une université privée. En plus des corrections, de la préparation des classes, on m’a demandé d’être le nouveau coordinateur pédagogique de l’AF de Trujillo…full chamba
Je continue ma réflexion en me disant que ce qui me pompe toute mon énergie c’est ce collège privé, réservé aux gosses de bonne famille. Un des problèmes de l’éducation privée est que le prof n’a presque aucune liberté pour enseigner et encore moins pour critiquer le système. Pour moi, c’est différent parce que je suis gringo et personne ne viendra m’emmerder dans mon boulot.
Non, ici je veux parler de mes collègues Péruviens qui bien contents d’exercer leur profession dans une entreprise privée se doivent d’accepter toutes les brimades possibles et imaginables pour conserver leur poste et un salaire tout à fait convenable pour le Pérou.
Maintenant que mon corps et ma petite tête m’ont rappelé que je ne pouvais pas continuer sur le même rythme, je pense arrêter les frais et déposer ma démission. On me proposera plus d’argent pour continuer (je me la pète hein ?!!!??) mais je ne me sens plus capable de bosser avec des gamins qui sont déjà pourris par l’argent. Ce n’est pas totalement de leur faute vous me direz, car les parents comme la direction de l’école, chacun de leur côté n’ont que des billets verts en tête.
Malheureusement, tous les efforts que font les profs (je m’inclus) sont réduits à néant lorsque l’on nous fait bien comprendre que de toute façon, ce qui prime, c’est de satisfaire les parents avant les enfants. Je ne suis la boniche de personne et encore moins d’un branleur de 12 ans qui ose lever la voix devant moi.
Alors à qui la fauteuh ?? Je ne sais pas et je ne veux plus savoir. J’ai perdu pas mal d’illusion quant à mon travail, tout au moins dans ce genre de collège.
Heureusement, il me reste l’AF et l’Université Nationale, où c’est un vrai bonheur d’enseigner à des gens qui n’ont pas forcément les moyens financiers mais qui ont une volonté farouche de s’en sortir. Je vous raconterai quelques anecdotes dans de prochains articles qui vous montreront que mon travail est certainement le plus beau de tous quand on se sent libre et que les étudiants viennent avec le sourire et repartent en vous remerciant.
Pour le moment, je vais soigner ma gossederiche aigue en déposant ma démission et lire un article anti-Chavez. En effet, cette activité est devenue pour moi un hobby des plus divertissants surtout depuis que j’ai lu un peu partout, dans les journaux bien-pensant que la fermeture de RCTV était l’acte d’un dictateur sanguinaire. Franchement, qu’est-ce que ces pseudo journalistes qui ont le cul vissé dans leur bureau à Paris savent de la liberté d’expression et de la réalité de la démocratie en Amérique Latine. AAAHHH ces faiseurs de morale !!!  
Mais je commence à m’énerver là. Foutu virus.

Publié dans société péruvienne

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kat 01/06/2007 12:02

holà hermanito, courage... je ressens la même chose que toi lorsque que tu dis que tu éprouve plus de plaisir à enseigner à des jeunes qui se battent pour y arriver qu'à des enfants "nés sous une bonne étoiles". ils sont certes victimes d'un "système" mais ce système ils vont le reproduire, alors peut être que même si un ou deux en ont conscience plus tard tu auras peut être été le déclencheur d'une "révolte" pour un de ces jeunes et là sera ta statisfaction.
bisous
tu hermanita